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LVMH en tête du Top 100 des entreprises de luxe selon Deloitte.

Julien Fontaine , 7 minutes de lecture

L'édition 2019 du «Global Powers of Luxury Goods 2019» de Deloitte établit un classement des acteurs du luxe en fonction de leur chiffre d’affaires sur l’exercice fiscal 2017.

Ensemble, les 100 entreprises leaders du secteur génèrent $247 milliards (un peu plus de 218 milliards d’euros).

Sans surprise, LVMH arrive en tête avec un chiffre d’affaires de $27,9 milliards. Elle est suivie, et de loin, par l’entreprise américaine Estée Lauder ($13,6 mrds), suivie par Richemont, Kering et Luxottica.


L’industrie du luxe a brassé $247 milliards en 2017

10 entreprises se divisent la moitié du marché

Selon Deloitte, en 2017 il s’élève à $247 milliards (un peu plus de 218 milliards d’euros) pour l’ensemble des 100 entreprises leaders du secteur, +13,8 % par rapport à 2016. 76 des entreprises ont enregistré une croissance de leurs chiffres d’affaires en 2017. 10 entreprises leaders du classement réalisent à elles seules 48% du chiffre d’affaires total.

Trois entreprises françaises dans le Top 10

Sans surprise, la France arrive en tête de ce classement avec LVMH et ses 70 marques, dont Louis Vuitton, Christian Dior, Fendi ou Celine. Elle a réalisé un chiffre d’affaires 2017 de $27,9 milliards. LVMH est suivie, loin derrière, par l’américaine Estée Lauder dont le montant des finances s’élève à $13,6 milliards. Si la société française s’installe durablement à la tête du classement des 100 plus grosses entreprises du luxe mondial, il faut souligner que c’est l’Italie qui y possède le plus de représentantes. En revanche, c’est bien la France qui domine le Top 10 avec 3 sociétés que sont LVMH (1er), Kering (4e) et l’Oreal (7e).

Deux entreprises transalpines se distinguent dans le top 20 des plus fortes croissances, avec le maroquinier Furla, qui enregistre le taux de croissance le plus élevé sur les 24 sociétés italiennes, et la griffe de doudounes Moncler qui affiche la meilleure rentabilité. C'est en revanche une société canadienne, Canada Goose, célèbre pour ses parkas et doudounes, qui signe la croissance la plus forte, ses ventes ayant bondi de 46,4%.

La France compte sept compagnies dans ce classement mondial. Au-delà de LVMH, Kering, Chanel et L’Oréal classés dans le top 10, Hermès est onzième. Suivent le groupe SMCP (Sandro, Maje, Claudie Pierlot, 50ème), Longchamp (58ème), Interparfums (60ème) et le nouvel entrant Zadig & Voltaire (78ème).

7 entreprises françaises dans le top 100:

  • LVMH, 1er, $27,99 milliards de GMV;
  • Kering, 4ème, $12,16 milliards de GMV;
  • l’Oréal, 7ème, $9,55 milliards de GMV;
  • Hermès, 11ème, $6,25 milliards de GMV;
  • SMCP (Sandro, Mage, Claudie Pierlot), 50ème, $1,03 milliards de GMV;
  • Longchamp, 58ème, $626 millions de GMV;
  • Inter Parfums, 60ème, $591 millions de GMV;
  • Zadig & Voltaire, 78ème, $394 millions de GMV.

A ces sept compagnies, il faut en réalité en ajouter deux, qui figurent sous un autre drapeau pour des raisons juridiques, à savoir Chanel, dont la holding a son siège à Londres, et Interparfums, qui est basé aux Etats-Unis. En revanche, Christian Dior n'apparaît plus dans le palmarès car est désormais inclus dans le périmètre de LVMH. De même en sont sortis Clarins et Nuxe.


Le Top 10 des entreprises de luxe par chiffre d'affaires

  • 1. LVMH (France)
  • 2. Estée Lauder (USA)
  • 3. Compagnie Financière Richemont SA (Suisse)
  • 4. Kering SA (France)
  • 5. Luxottica Group (Italie)
  • 6. Chanel Limited (Grande-Bretagne)
  • 7. L’Oréal Luxe (France)
  • 8. The Swatch Group (Suisse)
  • 9. Chow Tai Fook Jewellery Group (Hong Kong)
  • 10. PVH Corp (États-Unis)

En regardant de plus près le top 10, il apparaît que Kering gagne une place, accédant au 4ème rang et faisant ainsi reculer Luxottica à la 5ème place. Chanel, qui a publié pour la première fois ses résultats en 2018, fait son entrée dans le classement en se hissant directement à la 6ème position devant L’Oréal et le groupe Swatch.

La Chine gagne du terrain, devenant le 4ème pays du classement en termes de ventes, derrière la France, les Etats-Unis et la Suisse. Elle compte 9 entreprises dans le classement Deloitte, avec un chiffre d’affaires moyen de $2,19 milliards. Huit d’entre eux sont actifs dans le secteur de la bijouterie.

Les deux groupes leaders sont l'horloger/joaillier Chow Tai Fook, le Tiffany & Co de l'Asie, qui s’est hissé à la 9ème place, refoulant PVH Corp au fond du top 10, et Lao Feng Xiang. Elles réalisent ensemble les deux tiers des ventes des 9 sociétés chinoises. Chow Tai Seng Jewellery enregistre quant à lui la plus forte croissance (+31,1%).

Fermant la marche, le groupe américain PVH Corp. (Tommy Hilfiger, Calvin Klein, etc.) arrive en 10ème position. Shiseido et Rolex, respectivement 9e et 10e l’an dernier, sortent donc du top 10. Hermès reste 11ème, tandis que Ralph Lauren, sort pour la première fois du top 10 en glissant à la 12ème place.


Top 10 des entreprises de luxe à la croissance la plus rapide :

  • 1. Canada Goose (Canada)
  • 2. Coty Luxury (États-Unis)
  • 3. Furla SpA (Italie)
  • 4. Titan Company Limited (Inde)
  • 5. Shiseido Prestige & Fragrance (Japon)
  • 6. Richard Mille SA (Suisse)
  • 7. Chow Tai Seng Jewellery Co. (Chine)
  • 8. Kering SA (France)
  • 9. Pandora A/S (Danemark)
  • 10. Moncler (Italie)

8 nouveaux arrivants dans le Top 100 des entreprises de luxe

  • Chanel Limited (Royaume-Uni),
  • Kosé Corporation (Japon),
  • Revlon (États-Unis),
  • Samsonite International (États-Unis),
  • Vera Bradley Inc (États-Unis),
  • Zadig & Voltaire (France),
  • Van de Velde NV (Belgique),
  • Giuseppe Zanotti Spa (Italie).

Gammes de produits

Le secteur le plus important de la liste est celui de l'habillement et de la chaussure, avec 38 entreprises, suivi de celui des bijoux et des montres, avec 32 entreprises. Cependant, le secteur de l'habillement et de la chaussure s'est classé au dernier rang de tous les secteurs en termes de revenu moyen par entreprise, à 1,1 milliard de dollars US.


Recommandations de Deloitte

Le rapport de Deloitte prévoit un avenir optimiste pour le secteur du luxe. 76 des 100 sociétés ont fait état d'une croissance de leur chiffre d'affaires, avec près de la moitié d'entre eux enregistrant une croissance à deux chiffres d'une année à l'autre.

Gardez un oeil sur les HENRY

La demande future de produits de luxe devrait augmenter à mesure que de plus en plus de consommateurs du monde entier atteindront le statut de classe moyenne : d'ici 2020, plus de 50% de la population du monde sera considérée comme une classe moyenne.

Mais il y a un groupe particulier au sein de la classe moyenne que Deloitte conseille aux entreprises de luxe de garder à l'œil : les HENRY (High Earners, Not Rich Yet : salariés à revenu élevé mais pas riches pour autant). Avec une moyenne d'âge de 43 ans, les HENRY gagnent actuellement entre 100.000 et 250.000 dollars US par an. Selon le rapport, ce groupe de consommateurs est avisé en matière de numérique, adore les achats en ligne et n'a pas peur de dépenser beaucoup d'argent en produits de luxe.

Le développement durable est la clé de la poursuite de la croissance

Un nouveau type de consommateur, aux valeurs différentes, s'empare du marché. Millennials et GenZ attendent des marques qu'elles s'alignent sur leurs préoccupations en matière d'environnement, de bien-être animal, d'égalité des sexes et de pratiques de travail.

Des acteurs de premier plan commencent déjà à changer leurs façons de faire en conséquence. Le label de luxe britannique Burberry a annoncé qu'il cesserait de détruire les invendus après avoir subi de nombreuses critiques des consommateurs sur les médias sociaux. En 2018, Prada a également créé un conseil consultatif sur la diversité et l'inclusion et Kering a publié une liste officielle des exigences environnementales et sociales pour ses marques et fournisseurs, pour ne citer que deux exemples.

De l'omnicanal à l'omnipersonnel

On a beaucoup parlé de l'importance d'élaborer une stratégie omnicanale, étant donné qu'un nombre croissant de consommateurs utilisent à la fois les magasins en ligne et les magasins physiques. Les entreprises de luxe qui cherchent à se démarquer de leurs concurrents et à s'assurer de la fidélité de leur marque investissent dans des services hautement personnalisés afin de donner aux clients un sentiment de commodité et d'exclusivité encore plus grand.

Louis Vuitton a lancé l'an dernier un programme de personnalisation intitulé "Now Yours", qui permet aux clients de personnaliser une collection capsule pour hommes. Gucci a fait de même avec son service "Do It Yourself", grâce auquel les clients peuvent ajouter leurs initiales aux baskets et aux sacs à main. En 2017, Burberry a lancé une collection de parfums sur mesure, à la suite d'une campagne réussie permettant aux clients de choisir le style, la couleur, le tissu et la matière de leur trench-coat.

Établir des relations fondées sur des données

Le Big Data s'avère utile pour mission d'offrir aux clients une expérience hautement personnalisée.

Plusieurs labels, dont Louis Vuitton, Dior et Tommy Hilfiger, utilisent déjà des technologies basées sur l'intelligence artificielle pour réaliser des analyses de segmentation des consommateurs, de comportement et de sentiment, ainsi que des analyses prédictives.

Kering, par exemple, a créé une équipe de data sciences en 2018 pour travailler sur les “technologies disruptrices" afin d'améliorer l'expérience client. Du chatbots au marketing ciblé, Deloitte s'attend à ce que les entreprises de luxe proposent de nouvelles stratégies numériques dans lesquelles les données occupent une place centrale.

Sources : Kering | 2019 Global Powers of Luxury Goods de Deloitte | FashionUnited


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