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Grèce et Hongrie, nouveaux centres de fraude douanière.

Julien Fontaine

Une enquête publiée par l'OLAF en 2018 soupçonne que la fraude douanière sur les importations chinoises se déplace de Grande-Bretagne à la Grèce et à la Hongrie.


Les enquêteurs antifraude de l’Union européenne soupçonnent la Grèce et la Hongrie d’être devenues les principaux centres européens d’une arnaque de plusieurs millions d’euros impliquant des importations de vêtements et de chaussures chinois qui utilisent l’infrastructure de la nouvelle “Route de la soie”.

La fraude à grande échelle, qui implique une sous-déclaration de la valeur des marchandises importées , a été découverte pour la première fois en Grande-Bretagne, où elle durait depuis 2011, ce qui a incité la Commission européenne cette année à exiger que Londres paie 2,7 milliards d’euros en droits de douane perdus pour le budget de l’UE.

Les droits de douane constituent (RPT) une source importante de recettes pour l’Union européenne. Ils sont collectés par les autorités nationales puis transférés à Bruxelles. Si la valeur des marchandises importées en Europe est sous-évaluée, les droits de douane seront réduits et des milliards d’euros pourraient échapper au budget de l’UE.

Alors que plusieurs procédures douanières de l’UE permettent aux importateurs de dédouaner leurs marchandises au point de douane de leur choix, plutôt qu’au point d’entrée sur le territoire douanier, les réseaux criminels organisés sont aptes à identifier les points d’entrée où ils estiment que les contrôles sont plus laxistes .

"Cela était clairement évident tout au long de 2017 et 2018 avec une augmentation substantielle du volume de ces marchandises importées dans des pays comme la Grèce et la Hongrie, et une diminution correspondante des volumes qui étaient déclarés pour importation dans les États membres qui avaient été précédemment ciblés, mais où les autorités avaient pris des mesures." (OLAF).

Cette tendance s’accompagne d’une baisse des importations chinoises sous-évaluées au Royaume-Uni. L’autorité soupçonne donc que la fraude douanière avec les importations chinoises, découverte pour la première fois en Grande-Bretagne, s’est déplacée vers la Grèce et la Hongrie.

Les fraudeurs ont utilisé l’infrastructure de la nouvelle route de la soie entre l’Asie et l’Europe. Depuis 2016, le port du Pirée est détenu majoritairement par l’entreprise publique chinoise Cosco Shipping. La Chine veut utiliser le plus grand port de Grèce comme porte d’entrée de l’Europe et assurer des liaisons plus rapides entre Athènes et Budapest, la capitale hongroise.

Selon les représentants de l’UE, il est également concevable que la décision britannique de se retirer de l’UE ait conduit les groupes criminels chinois à chercher de nouveaux moyens de réduire les droits de douane sur les marchandises en provenance de la République populaire de Chine.

Alors que les ports britanniques de Dover et Felixstowe étaient encore les principaux points de transbordement pour les importations chinoises sous-évaluées en 2017, des contrôles plus stricts des douanes britanniques auraient presque stoppé l’afflux.

"Les réseaux organisés de fraudeurs ciblent l’UE dans son ensemble en sélectionnant les points d’entrée où ils estiment que l’entrée est plus facile à un moment donné. Les États membres et l’UE sont victimes de ce crime organisé. Il est clairement nécessaire de renforcer la coopération entre les bureaux de douane des États membres afin de traiter de manière coordonnée avec ces réseaux criminels."  (OLAF).

Source: Classe Export / Onvista, OLAF, Reuters.

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